Brigitte Bardot à la clinique de Meudon (Raymond Depardon 1960)

«  »Laure Adler : Pourquoi vous-êtes vous rendu avec votre beau scooter dans une clinique de Meudon ?
Raymond Depardon : « En fils de paysan pas trop informé à l’époque, pour moi il y avait deux personnes qui dominaient tout à cette époque-là (1959/1960) : le Général De Gaulle et Brigitte Bardot. Mais bien sûr, ils étaient difficiles à photographier. Pour le Général De Gaulle, c’étaient des photographes très expérimentés qui s’y collaient.
Mais j’avais déjà appris plusieurs choses : il fallait aller souvent aux Drugstore des Champs-Elysées pour regarder la presse étrangère pour s’en nourrir, se gaver des grands journaux, et des photos ». Un jour, je suis tombé sur un article : Jacques Charrier était hospitalisé dans une clinique de Meudon. C’était un jour férié, j’y suis allé seul. Brigitte Bardot est arrivée en voiture décapotable. Elle portait son fameux foulard à carreaux. J’ai pris quatre photos qui ont marché, même si l’une est un peu floue. Je l’ai eu de dos. On ne s’était même pas parlé. Je regrette un peu qu’on ne se soit pas dit bonjour. Elle n’était pas surprise de me voir d’ailleurs.
J’ai foncé à l’agence Dalmas. D’ailleurs ils étaient fou de rage car comme je n’étais pas encore intégré, que j’étais juste pigiste, il devait me donner 50% des ventes. Le cliché a été publié dans France Soir. Ça m’a valu d’être repéré. Je n’étais plus anonyme, j’étais celui qui avait photographié Brigitte Bardot. »

La Commune à Meudon – Extrait d’une histoire de la Commune de Paris de Pierre Vésinier:

Extrait d’une histoire de la Commune de Paris de Pierre Vésinier:

« Les premiers coups de fusil sont partis du Bas-Meudon, à sept heures. L’action s’est étendue ensuite, dans la direction des bois, sur le territoire des Moulineaux et du Val-Fleury, où elle a pris les proportions d’un véritable combat.
Les gardiens de la paix et la gendarmerie occupaient les hauteurs de Meudon, la terrasse du château, où deux batteries avaient été établies à la hâte.
Sur tous les points, la fusillade est vive.
Les mitrailleuses font entendre leur crépitation sinistre. L’artillerie du fort d’Issy tonne contre les batteries établies sur les terrasses du château de Meudon. Les pièces de campagne des fédérés vomissent la mitraille. C’est un tonnerre de détonations simultanées dont on n’a pas eu d’exemple, même au plus fort du bombardement prussien.
Les postes avancés des Versaillais sont attaqués avec vigueur. Partout ces derniers sont délogés de leurs positions par les gardes nationaux. La verrerie de Sèvres est évacuée précipitamment par les gendarmes, qui se sauvent à toutes jambes.
Pour s’opposer au passage des fédérés, et peut-être aussi, pour se soustraire au feu incessant du fort d’Issy, les artilleurs du château de Meudon ont transporté leurs batteries sur Montalets ; mais deux pièces de 7 vont se porter sur le Val-Fleury et forcer les artilleurs à quitter cette position. Leurs pièces attelées sont dirigées non plus sur la terrasse, mais sur les hauteurs de Meudon, au dessus du château.
Voici, heure par heure, les progrès de l’attaque faite par le centre des fédérés contre les Versaillais :
À neuf heures, l’attaque s’étend sur toute la ligne. Pris à revers par les fédérés, dont la fusillade et les mitrailleuses se font entendre dans les bois de Meudon, de Viroflay, de Jouy, du hameau de Vélizy et de la Grâce-de-Dieu, les artilleurs, à peine établis, attellent leurs canons et gagnent les hauteurs de Meudon.
La verrerie de Meudon, servant de poste à des gendarmes, est attaquée. Devant des forces considérables, toute résistance devenant impossible, le poste est abandonné et les gendarmes descendent à toutes jambes pour se soustraire aux coups de fusil.
À dix heures, des gardes nationaux gravissent par des chemins de traverse, et au milieu des champs, les hauteurs de Clamart et de Châtillon ; d’autres passent dans le village de Clamart, se dirigeant sur la redoute de Châtillon. Quinze pièces de canon, solidement attelées, défilent dans les rues. Un détachement, venant du fort d’Issy, campe à l’entrée du village.
À onze heures, le combat devient acharné sur la ligne du bois de Meudon et dans les rues du Val-Fleury. …

Suite (et début) à lire sur wikisource:https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_Commune_de_Paris/B2?fbclid=IwAR3apF3Ve8mMfXfNH1bZMIwfovtB6PgYNLvQMNqC5Z80pbC1qskfQqQulQs

Rue Stevenson de Jacques Prévert

Rue Stevenson de Jacques Prévert

Le docteur
Jonquille sur son petit vélo
s’en va voir sa belle
sa belle
Isabelle
qui habite
Meudon
Il a du lilas blanc sur son guidon
Sa belle
Isabelle
qui habite
Meudon
rue
Stevenson
Soudain inquiet il se retourne
et voit derrière lui
un autre qui pédale aussi
et qui lui dit
Alors docteur
Jonquille
on se croyait tout seul
sur son petit vélo
mais c’est un tandem
et tu n’en savais rien
Il se présente
Monsieur
Hydeux
pour vous servir de double
Et le lilaa se fane et devient gris
Une pancarte a beau affirmer
Défense de doubler
Monsieur
Hydeux s’en fout
Il double
il ricane comme un petit fou
Et soudain voilà que tu ris
Docteur
Jonquille
tu ris du même rire que lui
Pédalons monsieur
Hydeux
Pédalons jusqu’à
Meudon…
En route ils écrasent une poule deux amiraux ou trois cochons
Soudain rue
Stevenson devant la porte on sonne
Isabelle ouvre la porte mais c’est monsieur
Hydeux qui entre
Le bon docteur court les routes sans même savoir lesquelles
Isabelle pousse les cris du malheur car monsieur
Hydeux est tout nu avec à la main le lilas déjà défunt
Il se précipite vers la belle et l’entraîne vers le lit en lui disant des mots particulièrement orduriers que le bon docteur
Jonquille comme le secret professionnel gardait précieusement pour lui
Il casse la suspension
et donne à
Isabelle d’horribles petits surnoms
Soudain il se tait et pleure et comme elle veut le consoler il lui fout sa main sur la gueule et lui conseille de se retirer
Pauvre monsieur
Hydeux il a peur du noir et il voit que la nuit va tomber
Et quand la nuit arrive son double à lui arrive aussi et c’est d’une voix désespérée qu’il dit tout bas
Le voici…
Beau nègre tu surgis de derrière le rideau
comme le double noir de la boîte aux dominos
Pauvre docteur
Jonquille
Pauvre monsieur
Hydeux
Jeux de dominos jeux de quilles jeux de mains jeux de
vilain
Ce n’est plus du
Je c’est du catch et même de l’assassinat
Beau nègre le rasoir à la main tu te penches sur la belle
Isabelle et tu souris de toutes tes dents
Tu te relèves elle est toute morte et tu es tout rouge de son sang
Et toi homme rouge double du nègre noir soudain parti très brusquement
tu restes impassible et souriant
le rasoir à la main
comme un brave homme paisible
qui se demande seulement
où il a bien pu mettre le savon…
Et la belle
Isabelle est maintenant étendue sur le grand tapis à fleurs ornant le petit salon
Fleurs de tapis de sang rougies vous vous épanouissez on dirait que vous allez crier
Et comme il est triste le pauvre lilas gris affalé sur le guéridon
Et le nègre se débarbouille mais d’un coup vieillit et blanchit
Son rasoir s’ébrèche la maison se lézarde Ça y est mon double je suis fait
Et s’il n’y en avait qu’un je pourrais encore m’en tirer
Mais le pauvre noir dans le noir voit arriver le double-crème le triple-sec et le demi-blonde mal tiré
Triste repas d’un condamné…
Docteur
Jonquille qui tuas sans trop savoir pourquoi
ta pauvre fiancée tu as la tête dans les mains et te voilà bien avancé
Où en sont tes dernières volontés
un verre de stout une cigarette
et à quoi penses-tu maintenant
Je pense à la guillotine
Mais non docteur
Jonquille
nous sommes en
Angleterre
et ici on pend
C’est vrai où avais-je la tête
Mais vous l’aviez entre les mains
regardez donc quelques lignes plus haut
c’est écrit en toutes lettres
Le crime a eu lieu à
Meudon
c’est une affaire entendue
(mauvaise affaire pour n’en pas dire plus)
mais vous avez été jugé en
Angleterre
Oh qu’est-ce que j’ai été faire à
Meudon
puisque je n’aimais pas
Isabelle
simplement je me servais d’elle
pour avoir une belle clientèle
Et voilà le pauvre docteur
Jonquille
hurlant tout seul dans sa cellule
Et puis ne parlons plus de corde
dans la maison de quelqu’un qui va être pendu
C’est
Adèle que j’aimais
parfaitement
Adèle
et comme c’est vrai
Adèle
où est-elle
Adèle aujourd’hui…
Tu l’as connue dans un bordel 106 boulevard de la
Chapelle
à
Paris
un soir où tu vins soigner
un débardeur noir
qui venait de recevoir
trois ou quatre coups de rasoir
Et pendant que tu le soignais
il mourait tout doucement
et toi de temps en temps
tu revoyais
Isabelle
et puis ta clientèle
Mais on revoit tant de choses au bordel
et tu ne regardais qu’Adèle
et ses fesses qui remuaient
sous son peignoir bleu ciel
Adèle
à qui tu promis un jour de l’emmener dans les bois de
Meudon
Adèle la belle
Adèle voyons
Adèle avec qui tu buvais le triple-sec la mauvaise bière et qui te traitait de tous les noms
Adieu donc docteur
Jonquille je ne te dis pas au revoir puisqu’on va te pendre adieu donc malheureux imbécile et paix à tes cendres.

Madame Manet (Suzanne Leenhoff, 1829–1906) à Bellevue 1880

Despite the seemingly rapid brushwork and the summary treatment of detail, this painting was preceded by at least two drawings and an oil sketch. This is Manet’s last portrait of his wife; it was painted at Bellevue, a suburb of Paris, where they spent the summer of 1880.